Un portail de revues scientifiques en accès livre à l’Université de Poitiers : Rev’UP
Lucie Maniol et Audrey Montépini, éditrices – service éditorial MSHS
Le mardi 9 décembre 2025, l’Université de Poitiers a inauguré à la MSHS son nouveau portail des revues scientifiques en accès libre (Rev’UP). Ce portail permet, à présent, de rassembler et de valoriser les revues en SHS publiées par l’université.
À ce jour, treize revues sont référencées sur le portail. Ces revues, hébergées soit par OpenEdition, soit par la pépinière de revue de l’Université de Poitiers (Edel, créé dans les années 2000), sont toutes disponibles en accès libre et privilégient le modèle d’édition diamant qui s’inscrit dans la feuille de route science ouverte adoptée par l’université en 2022.
Ce portail ne permet pas seulement une meilleure visibilité des sites des revues, il présente leurs actualités (parutions, appels à contribution, etc.), ainsi que des informations utiles en lien avec l’édition scientifique en accès ouvert. Il est également un point de contact et d’échange avec le service éditorial de la MSHS. Les agents de ce service proposent de guider — en lien avec la cellule d’appui à la recherche du Service commun de documentation (SCD), avec la Direction de la recherche et de l’innovation (service du partenariat et de la valorisation DRInnov-SPVR), ainsi que l’ensemble des acteurs du Guichet de la donnée UP pour la gestion des données de recherche associées aux articles — les porteurs de revues dans leurs pratiques : hébergement de nouvelles revues, diffusion, transmission de bonnes pratiques éditoriales et de science ouverte, conseils de stylage et de mise en ligne.
Ce 9 décembre a été l’occasion de rassembler dans un même lieu les acteurs locaux de la production de revues de l’Université de Poitiers et de les faire dialoguer avec des acteurs nationaux. En effet, la présentation du nouveau portail a été suivie par une table ronde intitulée « Rev’UP, outil de visibilité et de valorisation des revues en accès ouvert de l’Université de Poitiers ». Elle a ressemblé deux porteurs de revues de l’Université de Poitiers et des représentants d’OpenEdition (hébergeur national de revues en accès libre), de Chapitre neuf (le créateur du site Rev’UP, qui participe activement au développement technologique des outils numériques d’édition) et du réseau Repères (réseau des pépinières de revues scientifiques en accès diamant). Rev’UP et le service éditorial de la MSHS ont d’ailleurs, depuis, rejoint le réseau Repères. Ces échanges étaient accompagnés d’une exposition de posters présentant les revues. Cette exposition sera installée ultérieurement dans d’autres lieux de l’université.
Les prochains objectifs du service sont l’organisation d’ateliers de travail pour les porteurs de revues sur divers sujets en lien avec l’édition scientifique, et un travail de fusion de l’ancienne pépinière Edel avec le nouveau portail, qui permettrait aux sites des revues une mise à jour technique et graphique.
Après deux ans d’absence, l’événement de vulgarisation scientifique « Café-Lecture » fait son grand retour à la MSHS. En 6 ans, la MSHS a organisé, 62 Café-Lectures sur des thématiques très variées en SHS. Sur le même principe que les précédents, il s’agit d’un rendez-vous au cours duquel un·e chercheur·se présente son ouvrage en 20 minutes, suivi d’un temps d’échange et de questions avec le public.
Le 6 novembre dernier, Julien Zarifian est intervenu pour présenter son livre « The United States and the Armenian Genocide ». Vous pouvez retrouver cette rencontre sur la chaîne Canal-U de la MSHS mise en place pour l’événement: https://www.canal-u.tv/chaines/mshs-poitiers
Ces rencontres ont lieu au Centre de documentation, de préférence le jeudi, pendant la pause méridienne, de 13h30 à 14h — et, comme le nom l’indique, un café vous est offert pour vous accueillir dans une ambiance conviviale.
Gaëlle Coz, Ingénieure d’études en production, traitement et analyse de données – Plateforme Universitaire de Données de l’Université de Poitiers
La semaine Data-SHS est un évènement national qui a lieu chaque année la deuxième semaine de décembre. Progedo avec le RnMSH se sont associés cette année à Huma-Num pour coordonner l’évènement.
La semaine s’est ouverte sur les actualités des deux grandes infrastructures de recherche nationales en SHS, Progedo pour les données et les méthodes en sciences sociales quantitatives et Huma-Num pour les humanités numériques. Elles ont été présentées par leur directeur respectif, Nicolas Sauger et Olivier Baude. En outre Gaëlle Coz, chargée de la PUD-UP et David Chesnet, correspondant Huma-Num ont rappelé les services offerts à la communauté scientifique.
Puis Angélique Briaux, déléguée à la protection des données de l’UP (depuis septembre 2025) et Nathalie André, présidente du Comité d’éthique pour la recherche sur la personne des universités de Tours et de Poitiers (CER-TP), sont venues présenter la protection de la donnée personnelle, les risques et l’éthique de la recherche. La DPO a explicité le RGPD et les démarches à réaliser. La présidente du CER-TP a présenté l’activité du comité puis explicité les questions à se poser et les erreurs à éviter afin de soumettre un dossier au comité.
Une journée d’initiation à la cartographie a suivi, assurée par Matthieu Lee (Fédération Territoires). Les participants ont appris à l’aide d’outils en ligne libres et gratuits, à localiser des objets à partir de fonds de carte et à réaliser des cartes thématiques avec Khartis et Magrit.
Puis, la journée « Initiation à l’analyse de données d’enquête avec RStudio », formation assurée par Marion Plault (Clersé, U. de Lille) a permis la prise en main de RStudio. Les participants ont appris à réaliser avec R des statistiques univariées et bivariées, utiliser une pondération et produire des tableaux et des graphiques.
Par ailleurs, une journée a été consacrée à l’analyse textuelle/analyse du discours avec des présentations en linguistique et en économie. Après une partie introductive assurée par Sylvie Hanote (FoReLLIS), Raluca Nita (FoReLLIS) et Catherine Mathon (Clle, U. Bordeaux Montaigne) ont présenté des résultats sur deux genres de discours : les rapports de lecture pour une maison d’édition et les commentaires sportifs télévisuels de rugby en direct avec une application à l’aide de l’outil textométrique AnaText. Ensuite Adriano Do Vale Salgueiro (LéP) a présenté une analyse sur les agendas mensuels des banquiers centraux européens dont l’objectif est d’évaluer leur indépendance et les risques de capture par des groupes d’intérêt.
Enfin, une session a été dédiée aux méthodes mixtes. Après une introduction sur les méthodes mixtes, Marie Ferru (Ruralités) a présenté la méthode des narrations quantifiées et une application de cette méthode à la géographie de l’innovation. Camille Hochedez (Idees, U. de Rouen) a ensuite fait un retour réflexif sur les méthodes a priori mixtes et la mixité des méthodes in fine déployées dans les programmes ANR Camigri et Imhana pour étudier les recompositions des espaces ruraux français au prisme des migrations internationales. Enfin Christine Michel (Techné) a présenté une méthode d’analyse mixte déployée dans le projet CoAI qui mesure la maturité numérique des enseignants avec les plateformes ENT, combinant l’utilisation des Teaching Analytics (traces d’activité des ENT) et des données ouvertes institutionnelles de la DEPP.
50 personnes étaient au rendez-vous. 36 % d’entre elles ont participé au moins à deux séminaires ou formations. La semaine a ainsi enregistré un total de 75 participations. Cette semaine a réuni des doctorants, des étudiants en Master, des ingénieurs et des enseignants-chercheurs. La moitié des participants étaient des doctorants. Les participants sont venus de divers horizons disciplinaires SHES (11 laboratoires étaient représentés sur les 15 laboratoires fédérés).
La réalisation de deux petits films de recherche, consacrés aux déplacés de la guerre civile irakienne (2014-2017), est le fruit d’un travail de terrain mené entre 2021 et 2022 en Irak dans le cadre d’un programme de recherche intitulé « Explorer les frontières internes en Irak ». Son objectif était de questionner la fragmentation du territoire irakien et de sa société en portant différents regards sur ce qui produit un phénomène de frontière(s) à l’intérieur de ce pays. Et c’est bien l’idée de frontière « interne » et « intérieure » – c’est ainsi que nous qualifions celles étudiées dans la publication de ce travail collectif[2] – qui a été au départ de ces vidéos.
Depuis les années 1960, en Irak, un espace de tensions entre le nord à majorité kurde et le reste du pays, essentiellement arabe, est à l’origine de conflits réguliers et d’une lutte d’appropriation. Au cours des deux décennies dernières, cet espace qualifié de « territoires disputés » a été l’objet d’une telle concurrence, qu’il a changé de main à plusieurs reprises. Ce contexte interne compliqué, car les enjeux sont importants (économiques et identitaires), a créé une situation territoriale si particulière que nous la qualifions de frontière de « l’entre-deux ». Cette idée s’inscrit dans toute cette littérature sur les « zones grises » (Yiftachel O., 2009 ; Cattaruzza A., 2012) et les « espaces d’exception » (Agamben G., 2003). Elle est conceptuellement intéressante dans le cas des « territoires disputés », car elle permet de penser la frontière comme un espace d’une certaine épaisseur dans lequel s’exercent des pouvoirs concurrents et vivent des populations.
Dans ces vidéos, nous avons cherché à montrer comment une succession de conflits en Irak a produit un entre-deux au sud des régions contrôlées par les forces kurdes, mais également des déplacements forcés de populations qui y ont trouvé refuge, pour ce qui concerne le dernier conflit en date contre l’EI. Ces vidéos mettent en avant plusieurs thèmes. Outre la présentation du quotidien dans ces trois camps de déplacés de la bataille de Mossoul et des combats qui se sont déroulées dans le gouvernorat de Niniveh menées par les forces irakiennes (armée irakienne, forces spéciales, milices chiites) et les forces de la Coalition internationale contre l’EI, elles traitent principalement du choix de l’implantation des camps et du devenir des résidents, que nous saisissons à travers leurs témoignages.
[2] Roussel C. et Meier D., 2024 : L’Irak aujourd’hui au prisme de ses frontières internes, Les Cahiers d’Emam, n° 35. https://journals.openedition.org/emam/5125
Les enjeux du développement durable dans nos activités professionnelles : un projet porté par la MSHS, le CERCA et MIGRINTER
Thierry Olive, Directeur de la MSHS de Poitiers
Lauréats de l’appel à initiatives transition environnementale 2025 du CNRS, la MSHS, le CeRCA et Migrinter ont mis en place au cours du dernier semestre 2025 une série d’actions de sensibilisation aux enjeux du développement durable auprès des personnels des laboratoires.
De septembre à décembre 2025, des ateliers d’information sur les mobilités douces et l’impact environnemental du numérique ont été organisés, ainsi que des rencontres pour échanger sur l’empreinte carbone. Une enquête sur les représentations de la crise climatique a également été menée. Enfin, une exposition sur le développement durable dans notre activité professionnelle a été créée par une équipe de volontaires. Au cours de plusieurs réunions de travail, six panneaux sur le numérique responsable, les mobilités douces, l’empreinte carbone de la MSHS et les déplacements professionnels seront bientôt visibles dans les locaux de la MSHS et pourront aussi voyager dans différents laboratoires de l’université !
Dans un contexte de crise climatique et de transition énergétique, ces actions visaient à sensibiliser les personnels et étudiants des laboratoires de la MSHS au coût environnemental des pratiques professionnelles, afin de nous engager dans des pratiques professionnelles plus respectueuses de l’environnement et contribuant à la réduction de l’empreinte carbone.
La MSHS, le CeRCA et le laboratoire MIGRINTER remercient tous les collègues qui se sont investis dans ces actions.
Frédéric Chauvaud (Criham, Université de Poitiers)
Kriss de Valnor, est un des personnages féminins les plus novateurs de la bande dessinée. Publiée par les éditions Le Lombard, créée par le scénariste Jean Van Hamme et le dessinateur Grzegorz Rosinski, auteurs de la célèbre série Thorgal, vendue à 17 millions d’exemplaires, dont le premier album a été publié en 1977, Kriss de Valnor incarne un personnage d’une grande ambiguïté, à la fois attachante et sans scrupule. L’action se situe entre l’an 600 et l’an 1000 dans la Scandinavie de cette époque. Kriss est une aventurière, elle porte un pantalon, monte à cheval et tire à l’arc. Personnage fort, elle incarne aussi les changements intervenus dans la bande dessinée et dans la société tout entière.
Elle devient, à partir de 2010, l’héroïne d’une série scénarisée, en huit albums, d’abord par Yves Sente et dessinée par Giulio de Vita : « Les Mondes de Thorgal. Kriss de Valnor ». Dans les deux premiers albums, elle est jugée par le tribunal des Walkyries présidé par Freyja, à la fois déesse de la guerre, de la mort, mais aussi de l’amour et de la magie.
Kriss de Valnor est certes courageuse, mais elle n’hésite pas à tuer, à incendier, à réduire en esclavage. Elle figure dans le recueil Méchants : crapules et autres vilains dans la bande dessinée, publié en 2013. Cynique, sanguinaire, cruelle mais capable de faire le sacrifice de sa vie, elle ne pourra pourtant échapper à la justice humaine. Elle a été jugée en décembre 2025 à Poitiers. Un ouvrage à paraître aux éditions Memoring (avec les textes de Frédéric Chauvaud, Jean-Luc Terradillos, Didier Veillon, Nicolas Dauman, Amal Hachet, Lucie Malbos, Rodolphe Defiolle, Nicolas Bourmeyster, Julien Gaillard) contient les sténogrammes du procès qui restera dans les annales car il a marqué les esprits, renseigne sur les évolutions sociétales et le droit, informent sur les conceptions du juste et de l’injuste que se sont forgées les membres du jury jusqu’au rebondissement final.
La vie des labos
Rédaction d’Ecrits Académiques à l’université
Projet ERI porté par Tiphaine Colliot (CeRCA, Université de Poitiers), Dyanne Escorcia (ACTé, Université Clermont Auvergne) et Thierry Olive (CeRCA, Université de Poitiers)
Ce projet de recherche est issu d’une collaboration de longue date entre les chercheurs de la MSHS de Poitiers, Thierry Olive et Tiphaine Colliot, et de la MSH de Clermont-Ferrand, Dyanne Escorcia. Spécialistes de l’étude des processus cognitifs et métacognitifs de l’écriture et reconnus pour leurs publications en France et à l’étranger, notamment pour leurs apports à la fois théoriques et méthodologiques, ces chercheurs ont réuni leurs expertises respectives et celles de leurs collaborateurs (Manon Laurent, David Chesnet, Aurelia Valise et Renaud Hass) pour évaluer les effets d’un dispositif d’entraînement à l’écriture académique tant sur la qualité des écrits que sur les processus à l’œuvre.
Face aux difficultés rédactionnelles que les étudiants rencontrent tout au long de leur parcours de formation, le projet RéDAC étudie l’impact d’une formation à visée métacognitive sur les écrits des étudiants, en particulier des doctorants qui s’engagent dans la rédaction d’un premier article scientifique. RéDAC s’intéresse notamment aux changements que la formation peut produire sur la planification ou la révision des écrits. Par formation à visée métacognitive, nous entendons des moyens pédagogiques pour faciliter chez les étudiants la prise de conscience et la régulation de leur fonctionnement de rédacteur (p. ex. leurs stratégies récurrentes pour corriger un écrit) par un apprentissage explicite et réflexif des stratégies rédactionnelles.
Plusieurs cadres théoriques sont mobilisés, fondés sur l’interdisciplinarité des membres de l’équipe de recherche, considérant à la fois des apports de la psychologie cognitive et des sciences de l’éducation. La méthodologie combinera des méthodes d’études en temps réel et « offline » pour analyser les processus d’écriture. La plateforme d’analyse du comportement humain de la MSHS de Poitiers, à travers le programme Eye & Pen qui y a été développé, et la plateforme de datavisualisation ArchiTex de la MSH de Clermont-Ferrand, contribueront à une analyse articulée des différentes données qui seront recueillies.
AVENIR – Analyse non-inVasive prédictivE et pluridisciplinaire pour le diagNostic de la maladIe d’AlzheimeR
Projet AVENIR porté par Sandrine Kalenzaga (CeRCA, Université de Poitiers)
Le projet AVENIR repose sur les synergies scientifiques pluridisciplinaires déployées au sein de la chaire CERVAL, Chaire d’Etudes et de Recherche sur le Vieillissement cérébrAL, hébergée par la Fondation de Poitiers Université. Le consortium est ainsi constitué des laboratoires suivants : CeRCA UMR 7295, XLIM UMR 7252, I3M, LMA UMR 7348, LéP UR 13822, IRMETIST U1313, les CMRR de Poitiers et de Limoges et la plateforme IRM 7 Tesla du CHU de Poitiers.
Le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer est rendu complexe par la similitude des manifestations de cette entité clinique avec celles de la dépression du sujet âgé. Les deux pathologies se caractérisent par des troubles cognitifs (mémoire, attention, vitesse de traitement, fonctions exécutives) et des symptômes émotionnels (apathie, anhédonie, humeur dépressive), leurs profils cognitifs et émotionnels proches rendent le diagnostic différentiel difficile, voire parfois impossible au stade prodromique. Or, déterminer si les troubles cognitifs relèvent d’un processus démentiel ou d’un trouble affectif comporte des enjeux pronostiques et thérapeutiques essentiels.
Les outils neuropsychologiques actuellement disponibles présentent des limites. Plusieurs travaux ont montré que les tests exécutifs, y compris ceux mesurant les temps de réaction, ne permettent pas de différencier de manière fiable les patients dépressifs âgés de ceux porteurs d’une maladie d’Alzheimer prodromique.
La littérature souligne donc la nécessité de développer des outils objectifs et sensibles pour affiner ce diagnostic différentiel. Parmi ces outils, l’oculométrie est une piste prometteuse, les mouvements oculaires constituant un marqueur sensible et objectif du fonctionnement exécutif.
Ces travaux ont donc pour objectif de confirmer, grâce à l’IRM 7T du CHU de Poitiers, matériel d’imagerie de pointe, les corrélations entre les caractéristiques oculomotrices, l’activité cérébrale et les niveaux de lactate et glutamate dans les régions dévolues au contrôle oculomoteur et les performances aux tests neuropsychologiques dans la maladie d’Alzheimer débutante. Les retombées cliniques de ces travaux sont d’élaborer un test de dépistage rapide permettant, sur la base de paramètres oculomoteurs précis de différencier un vieillissement normal, d’un trouble dépressif chez la personne âgée, d’une maladie d’Alzheimer débutante.
Les objectifs du projet sont donc les suivants :
Identifier les modifications oculomotrices spécifiques à la maladie d’Alzheimer et les différencier de celles liées à la dépression chez la personne âgée et au vieillissement normal.
Évaluer les corrélations entre anomalies oculomotrices, activité cérébrale (IRMf), métabolisme du glutamate/lactate et troubles cognitifs
Développer un outil diagnostique non invasif, simple et peu coûteux, basé sur l’oculomotricité, validé par l’imagerie IRM faisant référence, avec les capacités accrues à Ultra Haut Champ.
Améliorer le diagnostic différentiel précoce de la maladie d’Alzheimer par rapport à la dépression chez la personne âgée.
Dis-moi QUI tu fréquentes, je te dirais qui tu es ? Une analyse des agendas des banquiers centraux européens à l’aune des enjeux climatiques et d’égalité
Projet QUI porté par Adriano do Vale (LéP, Université de Poitiers)
Les banques centrales occupent une position unique dans les économies avancées: puissantes mais non élues, indépendantes mais potentiellement vulnérables à une influence extérieure. Les travaux sur l’indépendance des banques centrales se sont traditionnellement concentrés sur leurs relations avec les autorités politiques mais n’ont commencé que récemment à examiner la question de leur potentielle capture par les intérêts du secteur financier. Cependant, documenter et mesurer cette capture demeure un défi empirique. Alors que les recherches existantes se concentrent sur les parcours professionnels passés ou futurs et le phénomène des portes tournantes, nous nous appuyons sur l’étude des interactions contemporaines (durant le mandat) par le biais des agendas mensuels officiels de ces technocrates pour mesurer leur perméabilité aux intérêts politiques et financiers.
Ce projet analyse les agendas mensuels des banquiers centraux européens pour évaluer leur indépendance et les risques de capture par des groupes d’intérêt. Dans un souci de transparence, ces agendas sont mis en ligne par la Banque Centrale Européenne (BCE) depuis novembre 2015, avec un délai de trois mois. Nous avons construit une base de données avec 18434 entrées/activités extraites des agendas de tous les membres du Directoire et des membres supranationaux du Conseil de Supervision de la BCE depuis Novembre 2015 jusqu’à Octobre 2023 (respectivement 12475 et 5959, avec un total de 16356 entrées uniques du fait de la présence d’un membre sur les deux boards). Ces agendas mensuels fournissent des informations sur les activités et interactions des banquiers centraux au jour le jour, ce qui permet de se focaliser sur la socialisation et les fréquentations qui sont de nature à avoir un impact sur leurs comportements et les prises de décision en matière de politique monétaire et de supervision bancaire.
Exemple d’agenda mensuel, celui de la Présidente de la BCE
Ce projet interdisciplinaire combine des approches économiques et juridiques pour étudier ces interactions, notamment les rendez-vous avec des contreparties du secteur privé, et identifier les biais potentiels (biais national au détriment de l’ensemble de l’UE, biais sectoriel en faveur de la finance au détriment des autres secteurs, etc.). Il s’intéresse à cette forme de communication informelle des banques centrales, son articulation avec la communication formelle et publiée et ses effets différenciés et ce avec un accent sur la communication sur les enjeux climatiques. Pour ce faire, on fait notamment appel au Machine Learning et à l’analyse de discours de sorte que le projet s’oriente dans une direction qui le conduirait à s’interroger non seulement sur le « dis-moi QUI tu fréquentes » mais aussi sur « de quoi tu parles ». L’objectif final du projet est de renforcer la transparence et la bonne gouvernance des banques centrales, en créant un observatoire en ligne pour suivre ces interactions, notamment en vue de la réalisation de la transition écologique et du respect de l’équidistance face aux divers groupes d’intérêt.
Les premiers résultats sont sur le point d’être publiés dans un chapitre intitulé Presumed Independent ? European Central Bankers’ Interactions and Political Capitalism qui sera publié courant 2026 dans un Handbook chez Cambridge University Press en 2026.
Vers une meilleure décision collective dans les comités d’expertise médicale
Projet ERI porté par Thomas Boyer-Kassem (MAPP, Université de Poitiers et IUF)
Les décisions en expertise médicale reposent aujourd’hui largement sur la délibération collective. L’Agence Européenne des Médicaments fait appel à des comités d’experts pluridisciplinaires pour autoriser la mise sur le marché d’un nouveau médicament. À l’échelle locale, lorsqu’un arrêt des thérapeutiques est envisagé pour un patient, c’est un ensemble de soignants qui délibèrent et arrêtent collectivement une décision commune. Pourtant, les pratiques usuelles ne sont pas exemptes de biais. L’ordre de prise de parole, par exemple, peut influencer l’expression des participants en suscitant une certaine conformité. De même, les vertus du vote à bulletin secret dépendent du type de scrutin utilisé, et le vote uninominal majoritaire ne conduit pas toujours à classer première une option pourtant mieux évaluée par toutes les personnes. Enfin, la recherche du consensus peut étouffer les voix discordantes, et empêcher la considération plus poussée d’alternatives.
C’est dans ce contexte que le projet DECIMED vise à améliorer les processus de prise de décision collective en milieu médical. Parmi les pistes explorées, l’équipe étudiera le potentiel d’une méthode originale de vote, initialement conçue pour le contexte politique, appelée le jugement majoritaire. Son principe ? Chaque membre du groupe évalue chaque option à l’aide de mentions qualitatives (par exemple, « très bien », « bien », « passable »), et l’option retenue est celle qui est la mieux évaluée par une majorité de personnes. Notre équipe pluridisciplinaire, réunissant des expertises en philosophie, économie expérimentale, mathématiques et santé publique, se propose d’étudier de manière comparative trois méthodes de décision collective : le vote à la majorité, la décision par consensus (ou non-opposition), et le vote au jugement majoritaire. Notre approche allie approche théorique et expérimentation contrôlée. D’un côté, nous analyserons les propriétés fondamentales des méthodes de décision en contexte d’incertitude médicale ; de l’autre, nous évaluerons empiriquement laquelle permet d’atteindre des décisions qui s’écartent le moins de la vérité. Au-delà du vote lui-même, nous nous intéresserons à la délibération préalable : pourrait-elle gagner en efficacité en adoptant une structure non-comparative, option par option ? Autrement dit, en discutant d’abord collectivement des mérites de l’option A, puis de ceux de l’option B, etc. – plutôt qu’en comparant ces options dès le début – comme le suggère le jugement majoritaire. Enfin, nous accorderons une attention particulière à la transposition concrète de nos résultats, en veillant à ce qu’ils atteignent les acteurs concernés.
Organisé par Myriam Marrache-Gouraud (FoReLLIS, Université de Poitiers) et Jérôme Laubner (IRCL, Université Montpellier Paul Valéry), le séminaire interlaboratoires « Peaux et merveilles » s’inscrit dans l’axe « Histoire et poétique des formes littéraires » de l’équipe B de FoReLLIS, et plus particulièrement dans le programme « Émerveillement » (2021-2025). Le séminaire, qui se tient tantôt à Montpellier et tantôt à Poitiers, avec des séances systématiquement hybrides, se propose d’interroger les diverses réactions et émotions que suscite la peau à travers l’histoire. Il a pour vocation d’interroger les formes (textes et images) qui traduisent cette fascination épidermique. Comment s’exprime l’émerveillement pour des peaux qui prêtent à l’étonnement, mais aussi à une exhibition ou à une dévaluation selon les époques ? Interdisciplinaire et international, le séminaire entend faire dialoguer les spécialistes de la première modernité et des époques moderne ou contemporaine afin d’explorer les dimensions littéraires et esthétiques des phénomènes étudiés. La littérature, l’histoire des arts et des sciences se croisent dans l’exploration de ces émerveillements épidermiques. Le séminaire se déroule en six séances : Couleurs de peau, Peaux inscrites ou peintes, Peaux écorchées, Peaux des morts, Vieilles peaux, Peaux malades. Notre séminaire accompagne l’exploration des fonds patrimoniaux disponibles dans les deux villes qui accueillent le projet : Poitiers et Montpellier.
La séance du jeudi 9 octobre 2025 s’est tenue à la MSHS, salle Mélusine, de 14h à 17h. Intitulée « Vieilles peaux », cette séance a permis de croiser littérature, théâtre et cinéma pour s’interroger, d’une époque à l’autre, sur l’intérêt esthétique ou polémique provoqué par la peau quand celle-ci est dans un état de vieillissement. Un dialogue fécond s’est ouvert grâce aux trois interventions :
Louise Dehondt (MCF Littérature comparée, U. Caen): Peaux ridées et fardées dans la poésie amoureuse et satirique de la Renaissance
Lola Marcault (Doctorante Littérature française, U. Paris Cité): Femmes grimées, ridées, « décrépites » dans le théâtre comique du 18e siècle
Alexandre Moussa (MCF Études cinématographiques, U. Poitiers): Tensions esthétiques et biais idéologiques des stéréotypes cinématographiques attachés au vieillissement féminin
Les interventions ont été suivies par une vingtaine de personnes sur place, et une dizaine à distance.
Protection du patrimoine et lutte contre le trafic des biens culturels. Recherche de provenance : renouvellement et structuration d’une discipline
Vincent Michel (Herma, Université de Poitiers)
Le jeudi 13 novembre 2025 s’est tenue à l’Université de Poitiers la 9e journée d’étude annuelle et internationale consacrée à la thématique : « Protection du patrimoine et lutte contre le trafic des biens culturels. Recherche de provenance : renouvellement et structuration d’une discipline ». Organisée à la veille de la journée mondiale de l’UNESCO dédiée à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de l’axe de recherche « Patrimoine en danger, lutte contre le trafic illicite des biens culturels » du laboratoire HeRMA, de la cellule de recherche sur le trafic illicite des biens culturels (CelTrac) et de l’Axe 3 « Mobilités, patrimoines culturels et linguistiques » de la MSHS, en partenariat avec l’association Terre d’Orient.
Organisée par Vincent Michel, Morgan Belzic, Camille Blancher et Cassandra Haueur, cette journée était consacrée à la recherche de provenance, c’est-à-dire à l’étude de l’origine et du parcours géo-historique des biens culturels. Longtemps cantonnée à l’histoire de l’art et à l’archéologie, cette discipline connaît aujourd’hui un profond renouvellement pour répondre aux enjeux juridiques et déontologiques liés aux biens spoliés durant les persécutions de la seconde guerre mondiale, aux collections issus de contextes coloniaux, aux restes humains et au trafic illicite.
Depuis 2016, ces journées d’étude constituent un rendez-vous scientifique unique en France, consacré à la protection du patrimoine et à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels. Elles se distinguent par une approche résolument interdisciplinaire associant systématiquement chercheurs, professionnels des musées (Louvre, Quai Branly-Jacques Chirac), services d’enquête (police, douanes) et magistrats. Dans ce domaine, l’Université de Poitiers apparaît aujourd’hui comme un pôle pionnier, notamment avec la création de la cellule CelTrac dédiée à la recherche sur le trafic illicite des biens culturels.
Crédits photo : Isabelle Fortuné / Université de Poitiers, service communication de l’UFR Sciences humaines et arts
Cette neuvième édition a permis d’explorer les évolutions récentes de la recherche de provenance, d’en préciser les cadres juridiques et méthodologiques et d’en souligner le rôle croissant dans les missions des institutions patrimoniales nationales et internationales (Unesco, Icom, Mission provenance du ministère de la culture). Les échanges ont également mis en lumière les nouvelles pratiques de recherche, les obstacles méthodologiques et les enjeux éthiques liés à cette discipline en pleine structuration. Réunissant en une journée dense et riche plus de quinze intervenants issus du monde universitaire (Poitiers, Grenoble, École du Louvre), de différents ministères (Culture, Intérieur – OCBC – et Finances – DNRED) ainsi que de l’autorité judiciaire, la journée a rassemblé près de 200 participants, en présentiel et en distanciel.
Par leur continuité, leur ouverture internationale et leur caractère transversal, ces rencontres contribuent à structurer en France un champ de recherche encore émergent. Elles illustrent le rôle moteur de l’Université de Poitiers dans le développement d’une approche scientifique et interdisciplinaire de la lutte contre le trafic illicite des biens culturels et dans la reconnaissance croissante de la recherche de provenance comme discipline à part entière.
À suivre … 2016-2026, 10e anniversaire de ces rencontres incontournables !
La bande dessinée face aux minorités : représenter, questionner, transmettre
Laurie Dekhissi (FoReLLIS, Université de Poitiers)
Les 13 et 14 novembre 2025, la MSHS a accueilli le colloque « Représentations des minorités dans la bande dessinée », qui a réuni enseignants-chercheurs, auteurs, étudiants autour d’un médium devenu un espace privilégié de réflexion critique sur les identités, les rapports de pouvoir et les mémoires marginalisées. Les conférences et la table ronde ont mis en évidence le rôle de la bande dessinée comme reflet de la société et espace de débat.
Un des thèmes majeurs a porté sur la déconstruction des stéréotypes. Les interventions ont mis en lumière l’existence d’« iconomythes », ces images toutes faites, héritées du passé, qui collent à la peau et façonnent notre regard. Les corps des minorités sont trop souvent présentés comme déviants, menaçants, ou en dehors des canons esthétiques et moraux. En ce sens, la bande dessinée révèle autant qu’elle questionne les clichés. Elle peut les reconduire, mais aussi les rendre visibles pour mieux les déconstruire.
La question de la voix a également été centrale. Mettre en voix les minorités, c’est souvent donner à entendre la voix de l’« Autre », assimilée à celle de l’étranger. Plusieurs communications ont souligné un écueil : traduire une voix, surtout en contexte postcolonial, revient toujours à la transformer, au risque d’en perdre des dimensions sociales, historiques ou politiques. De ce fait, les choix linguistiques dans la bande dessinée marquent des hiérarchies et des jugements implicites qu’il faut savoir décrypter.
Un autre pan des débats a tourné autour de la visibilité, des identités et des résistances, en particulier autour des femmes, des personnes queer ou LGBTQIA+. La bande dessinée apparaît comme un espace de conquête de visibilité, de coming out et d’exploration de l’intime, mais aussi de contestation des normes dominantes. Les échanges ont rappelé que, malgré des avancées notables, l’acceptation de soi reste semée d’embûches, en particulier pour les plus jeunes.
Les enjeux de mémoire et de transmission ont constitué un autre fil directeur du colloque. Transmettre une mémoire minoritaire est un acte à la fois politique et culturel : il s’agit de résister à l’oubli, de briser les silences et de contester les récits dominants. La bande dessinée permet de faire circuler des histoires trop souvent invisibilisées et/ou marginalisées.
Enfin, plusieurs interventions ont mis en avant la bande dessinée comme dispositif de médiation, notamment en milieu scolaire. Utilisée en classe, elle permet de rendre visible le racisme ordinaire, de le déconstruire, mais aussi d’ouvrir d’autres horizons. Les élèves peuvent devenir auteurs et acteurs de leur propre récit, tandis que pour des enfants confrontés au traumatisme, le dessin offre un langage pour exprimer l’indicible.
Tout au long du colloque, un espace de recherche-création a été proposé. Les participants (pour la plupart des étudiants.es du Master Bande dessinée) ont exprimé leurs idées par le dessin. Ces moments de création ont donné lieu à une production collective rassemblée dans un fanzine, conçu comme une trace artistique des échanges scientifiques du colloque. La pratique est ainsi venue nourrir la théorie.
La table ronde conclusive, intitulée « Créer, raconter, être légitime ? », a concentré toutes ces interrogations. Qui a le droit de raconter quelle histoire ? Comment trouver la bonne distance entre l’auteur et ses personnages ? Les discussions se sont terminées sur l’importance du respect, de l’écoute et de l’attention à l’autre.
Le projet PRISM-BD (sept. 2024-février 2026) est financé par UPsquared.
Réseaux
Le 3RBD touche à sa fin ! Le réseau se termine définitivement après 4 ans d’événements autour de la bande dessinée à la fin de ce mois de mars.
Le colloque « Étudier la bande dessinée au XXIème siècle » des 4, 5 et 6 mars fera office de bilan pour ces quatre années de recherche, d’échange et de création de liens en nouvelle aquitaine. La dernière journée se dérouleras à la MSHS et sera suivi par la dernière AG du réseau.
R3-LPP : validation du passage en phase de consolidation
Lors de la commission permanente du 2 février 2026, la Région Nouvelle-Aquitaine a validé le passage du R3-LPP en phase de consolidation. Après 18 mois d’amorçage, cette nouvelle étape marque la reconnaissance du travail accompli et confirme la dynamique collective engagée.
Une nouvelle enthousiasmante pour le réseau, qui poursuit son chemin pour les 4 prochaines années !
Un soutien structurant
Le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine en faveur du R3-LPP depuis sa création est déterminant pour assurer la pérennité du réseau et consolider son ancrage territorial et scientifique. Cet appui permet de créer un espace de rencontres et de dialogue entre chercheurs, décideurs et parties prenantes, et contribue à mieux appréhender les défis actuels de légitimation des politiques publiques.
Une construction collective
Le développement du R3-LPP repose principalement sur l’implication de ses membres. Avec plus de 400 personnes impliquées, les différentes contributions ont déjà permis de :
Définir les axes de recherche
Partager, relayer des AAP, AMI, ou autres initiatives
Proposer des collaborations interdisciplinaires et intersites
Faire connaître le R3-LPP auprès d’acteurs variés
Une ambition renouvelée
La phase de consolidation s’inscrit dans la continuité des objectifs qui fondent le R3-LPP :
Éclairer les défis de légitimation des politiques publiques
Favoriser les collaborations scientifiques
Renforcer les liens entre la recherche et les acteurs publics et privés
Contribuer au débat citoyen
Valoriser et faire rayonner la recherche territoriale
D’une durée de 4 ans à partir de mi-avril 2026, cette phase de consolidation vise à dynamiser les groupes de travail liés aux axes de recherche et à favoriser les échanges avec les autres réseaux régionaux. Le R3-LPP poursuit ainsi son développement, avec la volonté de renforcer son rôle d’interface entre recherche et action publique.
Retrouvez toute l’actualité du réseau : www.r3-lpp.fr