Les huis-clos familiaux. Évaluation, prise en charge et prévention des violences en situation de confinement. L’exemple de l’ex-Poitou-Charentes : Projet retenu à l’AMI FLASH Recherche et Innovations COVID

Le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a lancé un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) flash pour soutenir les efforts de recherche et accélérer les innovations susceptibles de lutter contre le Coronavirus

C’est l’une des rares régions à proposer ce dispositif pour mieux préparer « l’après ».

Cet AMI du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, ouvert du 24 avril au 24 mai, s’adressait aux entreprises, établissements de santé, associations de patients, établissement publics d’enseignement supérieur et de recherche et centres technologiques implantés sur le territoire qui souhaitent participer aux efforts de recherche, amorcer et accélérer l’innovation pour surmonter la crise sanitaire du Covid-19. Les projets devaient porter sur l’une des 5 grandes thématiques suivantes : les études épidémiologiques, la physiopathogénie de la maladie, la prévention/transmission/le contrôle de l’infection, les enjeux globaux de l’épidémie, et les enjeux globaux de l’après-crise.

Les projets pluridisciplinaires et/ou collaboratifs entre entreprises, établissements d’enseignement supérieur et de recherche, établissements de santé, associations de patients… étaient particulièrement recherchés.

————————————————————————————————————————————————————————————————————————————–

Les huis-clos familiaux. Évaluation, prise en charge et prévention des violences en situation de confinement. L’exemple de l’ex-Poitou-Charentes

Objectifs généraux de la recherche

Alors que chacun a vécu des semaines inédites de confinement à l’occasion de la pandémie de la Covid 19, des femmes et des enfants ont été enfermés avec leur conjoint ou parent violent, à l’abri des regards et sans échappatoire possible. Une hausse significative du nombre de signalements des violences faites aux femmes et aux enfants témoigne, s’il était besoin de le confirmer, que la cellule intime, plus encore que les lieux publics, peut être l’espace de tous les dangers. Révélateur des violences, la situation de confinement a mis en lumière les leviers, mais surtout les failles dans leur prise en charge et, corrélativement, le déficit de connaissances, théoriques et empiriques, sur ce phénomène qui traverse, avec des disparités, toutes les catégories sociales de la société.

Aussi, une équipe pluridisciplinaire de chercheurs (juristes, psychologues, historiens, sociologues) de l’Université de Poitiers propose une recherche-action en réponse à l’AMI Flash-recherche et innovation Covid et s’inscrit dans le 5e défi proposé : enjeux globaux de l’après-crise.

Ce projet repose sur un état des lieux des pratiques en matière de prise en charge, accompagnement et prévention des victimes et auteurs de violences, hommes et femmes. Centré sur l’ex-Poitou-Charentes, il est transposable à l’échelle de la région Nouvelle-Aquitaine et repose sur des partenariats de recherche avérés. Il s’inscrit dans la continuité de précédents travaux sur les violences masculines faites aux femmes (violences sexuelles et sexistes, féminicides) et intrafamiliales (violences en famille) ; travaux menés depuis 2013, par cette même équipe, sous l’égide de la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société de l’Université de Poitiers, dont l’un des axes pérennes porte sur « le corps à l’épreuve ». Cette recherche s’appuiera sur la collaboration, d’une part de médecins de l’Unité Médico-Judiciaire du CHU de Poitiers et du Centre psychotraumatologie Nord Nouvelle-Aquitaine du CH Laborit, d’autre part de professionnels appartenant au Réseau violences conjugales de Poitiers – auquel participent, notamment, le Planning familial de la Vienne, le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), le Pôle de réparation pénale, d’investigation, de soutien éducatif et de médiation (PRISM) et le Pôle Personne Isolée d’Audacia – et aux SPIP de la Charente et Charente Maritime.

Forte de ce regard pluridisciplinaire et interprofessionnel, l’étude interrogera la notion de contrainte, comme privation de liberté inédite depuis la Seconde Guerre mondiale, en lien avec les violences de genre et intrafamiliales dans le contexte du huis-clos, qu’il soit conjugal ou familial. Elle visera à évaluer, prendre en charge et prévenir les violences intrafamiliales en situation de confinement.

Le projet s’articule sur 3 niveaux en interaction

  1. Notion de confinement et son actualité ;
  2. Retentissement des effets du confinement sur les liens de couple et les violences de genre ;
  3. Favoriser les dispositifs de prévention et de prise en charge des violences intrafamiliales.

Financement obtenu : 72 000

Recherche

Menu principal

Haut de page